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L’astronome Avi Loeb remet en question l’existence de particules de masse négative dans l’Univers

Galaxy, Universo
Galaxy, Universo - Artsiom P/ Shutterstock.com

L’astrophysicien Avi Loeb, de l’Université Harvard, a consacré une journée de réflexion à l’hypothèse des particules de masse négative comme explication possible de la matière noire et de l’énergie noire. L’idée apparaît comme une alternative au modèle cosmologique standard, qui attribue 84 % de la matière de l’Univers à des composants invisibles déduits uniquement par les effets gravitationnels.

Loeb s’écarte du consensus actuel. La matière ordinaire ne représente que 5 % du budget masse-énergie cosmique. Les 27 % restants correspondent à la matière noire, qui exerce une gravité attractive, tandis que 68 % proviennent de l’énergie noire, associée à la gravité répulsive qui accélère l’expansion de l’Univers. Les deux sont détectés indirectement, sans observation directe.

Particules connues et instabilité potentielle

Toutes les particules observées jusqu’à présent ont une masse positive. S’il y avait des particules de masse négative fortement couplées à celles-ci, la matière connue pourrait se désintégrer vers des états d’énergie inférieurs. Cela rendrait la matière instable aux échelles de temps cosmologiques.

L’auteur considère cependant un couplage suffisamment faible pour maintenir la stabilité de la matière positive tout au long de l’âge de l’Univers. Dans ce scénario, une mer cosmique de particules négatives influencerait les concentrations de masse positive, comme les galaxies et les structures à grande échelle.

Analogie avec le blindage électrique

Loeb se tourne vers la physique des plasmas pour illustrer le concept. Dans un plasma avec des charges positives et négatives, une charge supplémentaire subit un blindage exponentiel avec la distance, selon la longueur de Debye décrite par Peter Debye en 1923. L’influence électrique diminue considérablement au-delà de cette plage.

En gravité, le comportement diffère car la force attire des masses de même signe. Une concentration de masse positive attirerait à la fois des masses positives et négatives. Les particules négatives résultantes généreraient une inertie négative, ce qui pourrait annuler partiellement la masse positive et simuler un blindage gravitationnel.

Ce blindage serait efficace à faibles accélérations, similaire au régime dans lequel la dynamique newtonienne modifiée (MOND) propose des changements d’inertie ou de gravité. La théorie MOND, développée par Moti Milgrom, modifie le comportement aux faibles accélérations, proches d’un seuil cosmologique lié à la vitesse de la lumière divisée par l’âge de l’Univers.

  • Les concentrations massiques positives attirent les particules négatives
  • Les particules négatives réduisent l’inertie nette observée
  • L’effet simule un blindage similaire au plasma électrique
  • Les faibles accélérations rendent le phénomène plus prononcé

Scénarios hypothétiques et limites

L’astrophysicien a décrit des scénarios dans lesquels la matière noire apparaît comme un effet d’inertie réduite en dessous du seuil MOND. Les particules de masse négative pourraient également contribuer à la pression négative associée à l’énergie noire, expliquant la coïncidence temporelle entre la formation de structures et l’expansion accélérée observée dans la seconde moitié de l’histoire cosmique.

Il reconnaît cependant des problèmes fondamentaux dans la théorie quantique des champs pour les particules de masse négative. Les scénarios explorés ne sont probablement pas physiquement viables. L’exercice intellectuel a néanmoins mis en évidence d’intéressantes implications pratiques.

Applications théoriques en propulsion

Une matière de masse négative pourrait annuler la masse positive d’une charge utile. Le système combiné aurait une masse nette nulle et n’aurait pas besoin de carburant pour échapper à la gravité terrestre. Loeb mentionne la possibilité hypothétique d’une ingénierie extraterrestre utilisant cette technologie dans des vaisseaux spatiaux.

Il relie le sujet aux discussions sur les phénomènes anormaux non identifiés (UAP). La prochaine publication de fichiers par le Pentagone pourrait offrir des indices sur les véhicules fonctionnant sans propulsion conventionnelle.

Limites imposées par les trous noirs

Dans une réflexion complémentaire, Loeb observe dans un autre texte que les trous noirs astrophysiques imposent des restrictions à l’existence de particules de masse négative. S’ils existaient, le processus d’accrétion conduirait à une divergence rapide des masses observées, ce qui contredit les données actuelles.

Cette analyse renforce le fait que les particules de masse négative à des magnitudes significatives n’existent pas dans la nature, du moins pas d’une manière qui violerait les observations des trous noirs.

Le débat sur la nature de la matière noire et de l’énergie noire reste ouvert. La communauté scientifique continue de rechercher des explications qui préservent les équations d’Einstein ou proposent des modifications à des échelles cosmologiques.

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