Israël rouvre le passage à Gaza, mais l’ONU souligne les obstacles à l’acheminement de l’aide
Israël a annoncé, ce mardi 11 novembre 2025, la réouverture définitive du terminal de Kerem Shalom, dans la bande de Gaza, un mois après le début du cessez-le-feu avec le Hamas. Cette décision répond aux critiques internationales concernant les restrictions sur la livraison de fournitures humanitaires, dans un contexte de crise qui touche 1,9 million de Palestiniens. Les agences des Nations Unies telles que l’UNRWA avertissent que les procédures d’inspection limitent encore le flux de produits essentiels tels que la nourriture et les médicaments.
Cette mesure fait suite aux pressions exercées par des pays tels que les États-Unis et l’Égypte, qui ont servi de médiateur pour l’accord de paix. Le passage, fermé depuis mai 2024, est vital pour l’approvisionnement du territoire.
- Nourriture : seules 6 000 tonnes de nourriture sont entrées à Gaza depuis octobre.
- Médicaments : 47 % des fournitures médicales sont en rupture de stock, selon l’UNRWA.
- Eau : un tiers de la distribution à Gaza dépend des agences humanitaires.
L’ONU estime que 75 000 personnes sont hébergées dans 100 installations de l’UNRWA, avec un accès limité aux services de base.
Réouverture sous pression
La réouverture du passage a été décidée après des réunions entre les autorités israéliennes et les médiateurs internationaux. Le gouvernement israélien a déclaré que cette mesure visait à faciliter l’acheminement de l’aide, tout en maintenant des contrôles stricts pour empêcher la contrebande.
Les organisations humanitaires signalent cependant que des inspections détaillées entraînent des retards de train allant jusqu’à 36 heures.
La crise humanitaire persiste
La situation à Gaza reste critique, avec 90 % des maisons endommagées ou détruites. Depuis le début du conflit en octobre 2023, plus de 68 000 Palestiniens sont morts, selon le ministère de la Santé de Gaza.
L’UNRWA, la principale agence humanitaire, opère avec 12 000 employés locaux, mais sans accès pour les équipes internationales depuis janvier 2025.
Le cessez-le-feu, qui a débuté le 10 octobre, a apporté un soulagement, mais la reprise des attaques le 28 octobre a tué plus de 100 personnes.

L’ONU facture plus d’accès
L’ONU a appelé à l’ouverture d’un plus grand nombre de points de passage, comme celui de Rafah, qui reste fermé. Tom Fletcher, le responsable humanitaire de l’organisation, a souligné le besoin de milliers de camions d’aide par semaine.
Les rapports indiquent que seules deux des huit tentatives de coordination avec Israël ont réussi dimanche dernier. L’UNRWA a également repris ses services médicaux, traitant 1 000 patients par jour à Gaza.
Avancéments et limitations
La réouverture de Kerem Shalom est une étape vers l’atténuation de la crise, mais insuffisante, selon l’ONU. L’âgeLe gouvernement a intensifié la distribution d’eau et de vaccins, vaccinant 44 000 enfants contre la rougeole et d’autres maladies.
Le manque de carburant et la violence des colons sur le territoire rendent les opérations difficiles. Dans le sud de Gaza, 1 500 enfants ont reçu un soutien psychosocial la semaine dernière.
Chemin vers la stabilité
Le maintien du cessez-le-feu est crucial pour empêcher une nouvelle escalade de la violence. L’ONU prévient que sans accès illimité, la faim et les maladies pourraient s’aggraver en hiver.
La communauté internationale, y compris le FMI, considère la réouverture comme une chance de reprise économique, mais exige le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes.
















