Le nombre record de buts en Coupe du Monde surprend les statisticiens et soulève un débat sur les facteurs autres que l’expansion de l’équipe

Jogador Gonzalo Plata

(Foto: Reprodução/Instagram: @gonzaloplata)

Une Coupe du monde se distingue par un nombre de buts remarquable et sans précédent, marquant une phase de groupes historique qui a surpassé tous les tournois précédents. Alors que la compétition se poursuit, le volume de ballons dans les filets a attiré l’attention des analystes et des supporters, qui cherchent à comprendre les raisons de cette performance offensive sans précédent sur la scène footballistique internationale.

Un nouveau but fixé lors de la Coupe du Monde

L’édition actuelle de la Coupe du Monde s’est déjà imposée comme celle qui compte le plus grand nombre de buts en 96 ans d’histoire du tournoi. Même avant la fin de la phase de groupes, un total de 177 buts ont été marqués, dépassant les records précédents. Cet exploit se produit dans une édition augmentée, avec 48 équipes, ce qui augmente naturellement le nombre total de matchs joués. Mais le phénomène dépasse le volume des jeux.

À ce jour, 60 matches ont été disputés, soit un nombre supérieur à 15 éditions complètes de la Coupe historiquement. Cependant, la moyenne de 2,95 buts par match est également la plus élevée enregistrée depuis la Coupe du monde 1970, ce qui indique que la productivité offensive n’est pas seulement une conséquence de l’augmentation des affrontements, mais plutôt une tendance plus profonde sur le terrain.

L’analyse statistique révèle un écart entre les buts marqués et attendus

Pour comprendre la qualité et la durabilité de ce taux d’objectifs élevé, les experts se tournent vers la mesure des objectifs attendus, ou xG. Cet outil évalue la probabilité qu’un tir aboutisse à un but avant même qu’il ne soit complété, en considérant une série de variables contextuelles qui ont un impact sur les chances de conversion.

Les facteurs qui composent le modèle statistique xG comprennent :

  • Angle du tir par rapport au but.
  • Distance de l’arrivée au but.
  • Partie du corps utilisée pour le coup de pied (pied, tête).
  • Type de passe qui a précédé le tir.
  • Nombre de défenseurs entre l’attaquant et le but.

En additionnant toutes les occasions créées jusqu’à présent, le total xG pour le tournoi était de 155. Cela signifie qu’avec 177 buts effectivement marqués, la Coupe du Monde a vu 22 buts de plus que ne le suggère la qualité des occasions créées. Cette différence significative laisse entrevoir une performance supérieure aux attentes, qui défie les projections statistiques. Les simulations réalisées à partir de 1.469 tirs du tournoi, répétés 100.000 fois en xG individuel, ont indiqué une probabilité de seulement 2,9% que le nombre de buts atteigne 165 (hors buts contre son camp), soulignant le caractère inhabituel du résultat actuel.

Facteurs sur le terrain : finition d’élite ou défauts défensifs ?

L’origine de cet écart entre les buts marqués et le xG a suscité d’intenses débats. L’une des hypothèses évoquées est la présence de talents individuels d’élite, tels que Lionel Messi, Kylian Mbappé et Harry Kane, dont les compétences de finition pourraient faire monter le taux de conversion au-dessus de la moyenne attendue. Le génie de ces joueurs, dans les moments décisifs, peut transformer des occasions moins probables en buts.

D’un autre côté, la possibilité d’une défaillance du gardien de but est également envisagée. Même en supprimant les 12 buts contre son camp (qui se produisent également à un rythme élevé) de l’ensemble de données, il est difficile d’identifier une cause unique à ce phénomène. La Coupe du monde, en réunissant des nations de niveaux de compétence différents, peut exacerber cette différence, comme dans l’exemple d’une équipe comme l’Allemagne battant Curaçao, où le fossé technique est évident.

Impact du ballon officiel et des coups de tête sur la performance

D’autres éléments ont été analysés pour justifier le volume élevé de buts. Bien que les buts marqués de la tête (25 jusqu’à présent) aient généralement une valeur xG inférieure car il s’agit de premiers tirs, le taux de buts marqués de cette manière (14 %) n’est pas significativement plus élevé que lors des éditions précédentes (16 % en 2022 et 19 % en 2018). Il est intéressant de noter que le pourcentage de tirs lointains (37 %) reste stable par rapport à 2022 et inférieur à 2018, ce qui indique que l’origine des buts n’est pas une augmentation des tirs hors de la surface.

Le ballon officiel du tournoi, l’Adidas Trionda, était également à l’ordre du jour. Des experts, dont l’ancien gardien anglais Joe Hart, ont suggéré que les caractéristiques physiques du ballon pourraient influencer certains types de tirs et affecter la prise de décision des gardiens de but. Hart a souligné que le ballon semble atteindre le gardien de but plus rapidement qu’il ne peut réagir, ce qui a un impact sur sa coordination œil-main. Il a cité comme exemples le premier but de Messi contre l’Algérie et le tir de Martin Baturina contre la Croatie, arrêté par Jordan Pickford.

Un but lointain de Mbappé contre le Sénégal a également été évoqué. Bien que la qualité du tir soit indéniable, les images de la rediffusion suggèrent que le vainqueur de la Ligue des champions, Edouard Mendy, a effectivement touché le ballon mais n’a pas pu positionner correctement ses mains à temps. “Je le remarque de plus en plus dans les balles plus hautes”, a commenté Hart, renforçant l’idée que la trajectoire de Trionda pourrait être un facteur pertinent.

Perspectives d’avenir et attrait du divertissement en tournoi

Quelle que soit la combinaison exacte de facteurs, la performance exceptionnelle devant le but lors de cette Coupe du Monde est sans précédent, avec 14 % de buts en plus que ce à quoi on pouvait s’attendre, un taux considérablement plus élevé que n’importe quelle année précédente. La mise en garde évidente est que le tournoi est juste à mi-parcours et que le taux de réussite diminuera presque certainement à mesure que les phases éliminatoires, avec des matchs plus prudents et plus équilibrés, approcheront.

Il convient néanmoins de souligner l’improbabilité statistique de ce premier résultat. La probabilité de simulation d’atteindre 165 buts (hors buts contre son camp) n’était que de 2,9 %. La chance de marquer 147 buts (huit en dessous de l’estimation xG) était la même que le total actuel. Heureusement, la déclinaison a favorisé le côté ludique du sport, en offrant davantage de buts aux spectateurs. Pour des pays hôtes comme les États-Unis, proposer un programme de divertissement aussi complet sur le terrain est un excellent moyen de promouvoir le football et d’impliquer le public pendant la hype estivale.

Même s’il est prématuré de dire que ce rythme sera maintenu, dans les tournois internationaux de football, où les tendances statistiques sont difficiles à identifier sur quelques matches, nous pouvons profiter de cette particularité tant qu’elle dure.

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