Le coût du ravitaillement des véhicules devrait augmenter jusqu’à 25 % cette année par rapport à 2025, ce qui incitera de nombreux conducteurs à rechercher des alternatives pour réduire leurs dépenses. Face à ce scénario, la tentation d’adopter des « astuces » d’économie de carburant largement médiatisées peut être grande. Cependant, il est essentiel de discerner lesquelles de ces pratiques sont efficaces et lesquelles représentent un risque financier et sécuritaire pour le conducteur.
Gonflage des pneus : les dangers d’une pression incorrecte ou excessive
Les pneus dont le gonflage est inférieur au niveau recommandé augmentent la résistance au roulement, ce qui entraîne une plus grande consommation d’essence. Si un seul pneu a une pression inférieure de 8 psi à la pression idéale, le coût à la station peut augmenter jusqu’à 4 %. La croyance populaire selon laquelle gonfler les pneus au-dessus de la pression indiquée optimise l’efficacité est en fait une idée fausse dangereuse et sans fondement.
Selon les tests réalisés par Popular Mechanics, le surgonflage des pneus permet d’économiser moins de 1 % de carburant, même dans les conditions les plus favorables. En plus de compromettre le confort de conduite, la surpression peut générer des coûts de réparation supplémentaires et nécessiter un remplacement précoce des pneus. Le ministère des Transports du Canada prévient qu’« un pneu surgonflé n’utilise que la partie centrale de la bande de roulement. La zone de contact plus petite signifie moins d’adhérence sur la route, ce qui entraîne une conduite inconfortable, des problèmes de maniabilité (tels que des difficultés de direction et de freinage) et une usure accrue des pneus et des composants de suspension. » La sécurité est donc compromise, avec un plus grand risque de crevaison à grande vitesse.
Maintenir la pression des pneus à des niveaux idéaux, comme indiqué sur l’étiquette de la porte conducteur, est la meilleure mesure pour garantir la sécurité et l’efficacité, en évitant les risques inutiles.
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Navigation adaptative : le coût caché du régulateur de vitesse
Il n’y a toujours pas de consensus sur les avantages du régulateur de vitesse adaptatif (ACC) sur l’économie de carburant. Une enquête de 2024 publiée dans la revue Nature, intitulée « Effet du régulateur de vitesse adaptatif sur la consommation de carburant dans des conditions de conduite réelles », souligne que l’utilisation de l’ACC sur autoroute peut augmenter la consommation jusqu’à 0,14 litre aux 100 km.
Les auteurs de l’étude Ayman Moawad, Matthew Zebiak, Jihun Han, Dominik Karbowski, Yaozhong Zhang et Aymeric Rousseau ont expliqué que les systèmes ACC contrôlent étroitement la vitesse sans tenir compte du terrain ou des conditions routières. De plus, contrairement aux conducteurs humains qui profitent de l’inertie avant de freiner, ces systèmes ne semblent pas avoir la même efficacité de freinage, ce qui peut paraître contradictoire puisque les ordinateurs sont censés être de meilleurs conducteurs.
L’étude a mis en évidence qu’un système ACC permettait des variations de vitesse de +/- 8 km/h, ce qui entraînait une amélioration de l’efficacité de 3,5 % pour les voitures à essence et de 3,8 % pour les véhicules électriques. Les raisons de cette amélioration incluent la réduction du besoin de freinage dans les descentes, la réduction des rétrogradations dans les montées et la réduction de la puissance appliquée pendant la montée, car la vitesse pourrait varier temporairement.
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Les chercheurs notent également qu’à mesure que les systèmes de conduite automatisée évoluent d’un simple régulateur de vitesse à un niveau d’autonomie de niveau 2/3 ou supérieur, les occupants humains deviennent plus tolérants aux changements de vitesse de croisière effectués par le système sans intervention manuelle.
La principale conclusion est que, notamment dans les montées, les conducteurs qui maintiennent une accélération constante, aussi bien en montée qu’en descente, finissent par économiser du carburant et réduire les émissions. Ainsi, le régulateur de vitesse adaptatif est pratique, mais pour ceux qui cherchent à économiser, l’idéal est de conduire plus prudemment.
Climatisation sur la route : quand le vent souffle, ça peut être pire
Allumer la climatisation du véhicule peut augmenter la consommation de carburant jusqu’à 20 %. Sa désactivation permet d’économiser jusqu’à un litre d’essence tous les 100 km, ce qui est encore plus important sur les itinéraires urbains. Le ministère des Richesses naturelles du Canada estime que ces économies pourraient atteindre 5 000 $ sur une décennie. Ainsi, lors de déplacements en zone urbaine, éteindre la climatisation, ouvrir les fenêtres et le toit ouvrant permet une ventilation naturelle, rafraîchissant ainsi l’intérieur du véhicule de manière plus économique.
Cependant, à vitesse d’autoroute, l’ouverture des vitres peut créer une traînée aérodynamique qui nuit encore plus au rendement énergétique que l’utilisation de la climatisation. Dans ces cas-là, l’activation du compresseur est généralement la meilleure option. Les véhicules aux formes plus carrées font toutefois exception. Le laboratoire national d’Oak Ridge, aux États-Unis, a révélé que pour ces modèles, garder les fenêtres ouvertes à grande vitesse peut être plus économique que d’utiliser la climatisation, car l’aérodynamisme n’est pas aussi compromis.
Dans des expériences réalisées il y a dix ans, avec des véhicules à faible efficacité aérodynamique, comme le Jeep Wrangler, le Land Rover Defender ou les grosses camionnettes, il a été observé que la climatisation ne devenait plus avantageuse qu’à des vitesses supérieures à 130 km/h, bien au-dessus des limites légales de circulation. Avant d’atteindre ce « point de basculement », conduire ces véhicules robustes avec les vitres baissées et profiter de l’air frais est plus économe en carburant que d’allumer la climatisation.
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Conseils pour une utilisation efficace de la climatisation
- Réglez le thermostat à une température confortable, pas trop froide, comme vous le feriez chez vous.
- Vérifiez si le véhicule dispose d’un mode « éco » dans le système de climatisation et utilisez-le pour minimiser l’impact sur la consommation.
- Allumez la climatisation par intermittence, en l’éteignant dès que la température souhaitée est atteinte.
- Dans les voitures sans système de climatisation automatique, activez la fonction de recirculation pour économiser de l’énergie en refroidissant l’air déjà présent dans le véhicule, au lieu de capter l’air extérieur plus chaud.
Sécurité et économie : les risques de descendre les pentes au point mort
L’idée de descendre des collines avec votre voiture au point mort pour économiser de l’essence est un conseil ancien et incorrect. Les véhicules modernes (et même ceux des deux dernières décennies) sont conçus pour couper l’alimentation en carburant lorsque le conducteur décélère après avoir engagé une vitesse. Cela s’applique aux transmissions manuelles et automatiques.
Pour confirmer, vérifiez l’ordinateur de bord qui affiche la consommation instantanée : lorsque vous mettez la boîte de vitesses au point mort, vous remarquerez un petit gaspillage de carburant, semblable à ce qui se produit lorsque la voiture tourne au ralenti.
De plus, les experts en sécurité routière déconseillent fortement de conduire au point mort pour une raison essentielle. Dans une situation d’urgence, il peut s’avérer impossible de réengager la transmission assez rapidement pour éviter une collision, compromettant ainsi le contrôle du véhicule.
Réservoir vide : les dangers qui vont au-delà de la panne sèche
Le ministère canadien des Ressources naturelles indique que la consommation de carburant d’un véhicule de taille moyenne augmente d’environ 1 % pour chaque 25 kilogrammes de poids supplémentaire. Sachant qu’un litre de carburant pèse environ 1 kg, un réservoir plein ajoute environ 60 kg au poids total du véhicule, ce qui peut laisser penser que rouler avec un réservoir presque vide est une bonne stratégie d’économie.
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Cependant, la crainte que cela soulève des sédiments au fond du réservoir, les entraînant dans le moteur, est un mythe. Sylvain Légaré, analyste de recherche automobile chez CAA-Québec, explique que cette idée, valable pour les voitures plus anciennes, ne s’applique pas aux réservoirs d’essence modernes, faits de plastiques composites et équipés de filtres efficaces jusqu’au système d’injection.
Le problème central du fonctionnement avec un réservoir de réserve est que la pompe à carburant du véhicule est lubrifiée et refroidie par l’essence. Laisser le voyant de réserve s’allumer fréquemment peut entraîner des dommages coûteux à la pompe à carburant. Par souci de sécurité, il est conseillé de garder au moins un quart du réservoir plein, et encore plus en hiver pour éviter la condensation. En plus des risques de collision et d’amendes pour pannes évitables ou conduite imprudente, qui peuvent survenir si vous causez un risque à la sécurité ou si vous bloquez la circulation, le manque de carburant sur les autoroutes, comme celles de la série 400 en Ontario, peut conduire à l’illégalité lorsque vous essayez de marcher pour obtenir du carburant, nécessitant une dépanneuse qui coûte beaucoup plus cher que le remplissage du réservoir.
Stratégies efficaces pour réduire la consommation de carburant
Il existe de nombreuses façons éprouvées d’économiser de l’essence, comme conduire à des vitesses plus modérées, réduire les dépassements et, si possible, opter pour un véhicule plus petit et plus efficace. Cependant, le moyen le plus efficace de réduire la consommation, en plus d’envisager une voiture électrique, est de réduire le temps passé au volant. Des outils tels que le GPS, Google Maps et Waze proposent plusieurs options pour choisir des itinéraires plus courts ou éviter les embouteillages. À long terme, le moyen le plus sûr de réduire sa facture de carburant est de passer moins de temps à conduire.
